Bien-être
Bouger pendant ses règles : pour ou contre ?
Faut-il continuer le sport pendant les règles ou se reposer ? Voici ce que disent les études et comment trouver ce qui vous convient.
La question revient souvent : faut-il continuer à faire du sport pendant les règles, ou prendre une pause ? Pendant longtemps, les recommandations ont oscillé sans nuance, entre « il ne faut surtout pas s'arrêter » et « il faut absolument se reposer ». La vérité, comme souvent, est plus nuancée et dépend de vous.
Les recherches récentes apportent des éléments concrets, qui permettent de prendre une décision adaptée à son corps et à son cycle.
Ce que dit la recherche
Sur le plan physiologique, l'activité physique modérée pendant les règles n'est ni dangereuse ni contre-indiquée. Plusieurs études montrent même qu'elle peut atténuer les douleurs menstruelles via la libération d'endorphines, améliorer l'humeur et réduire les ballonnements.
Cependant, les performances peuvent baisser. Force, endurance, récupération : la première moitié du cycle (phase folliculaire) est généralement plus favorable. Pendant les règles, le corps est plus fatigable, parfois moins coordonné. Cela ne veut pas dire qu'il faut s'arrêter, mais qu'il faut adapter.
Ce qui marche pour beaucoup
Pour la plupart des femmes, une activité modérée pendant les règles fait du bien. Marche, yoga doux, natation, vélo tranquille, Pilates : ces activités stimulent la circulation, libèrent de la tension dans le bassin et aident à mieux traverser les premiers jours.
- Marche, 30 à 45 minutes à allure tranquille
- Yoga doux ou yin, en évitant les torsions profondes
- Natation, sauf le premier jour si l'inconfort est important
- Pilates léger, en privilégiant le travail postural
- Vélo en intensité modérée
- Étirements ciblés du bas du dos et des hanches
- Danse libre, à intensité choisie
Quand prendre une pause
Il y a des situations où il vaut mieux ralentir, voire s'arrêter quelques jours. Si vos règles sont très douloureuses (dysménorrhée sévère), si elles s'accompagnent d'une fatigue intense, ou si vous ressentez un vrai malaise pendant l'effort, écoutez ce signal.
Forcer dans ces conditions ne « renforce » pas. Cela peut au contraire intensifier l'inflammation, allonger le temps de récupération et installer une fatigue qui pèsera sur les semaines suivantes. Ce n'est pas un manque de discipline, c'est une bonne gestion de son énergie.
Adapter selon les phases
Au-delà des règles, on peut aussi adapter son activité aux différentes phases du cycle. C'est ce que beaucoup de sportives font intuitivement, et que les approches d'« entraînement cyclique » formalisent.
Phase folliculaire (après les règles jusqu'à l'ovulation) : énergie haute, bon moment pour intensifier, progresser, faire des séances exigeantes. Ovulation : pic d'énergie, prudence avec les ligaments plus laxes, attention aux blessures. Phase lutéale : énergie qui diminue, privilégier la régularité plutôt que la performance, écouter la fatigue. Règles : selon vous.
Tenir un journal pour mieux comprendre
Pour vraiment comprendre ce qui marche pour vous, rien ne remplace l'observation sur plusieurs cycles. Notez vos séances, votre énergie ressentie avant, pendant et après, et la phase du cycle. Au bout de deux ou trois mois, des motifs apparaissent.
Un journal comme Nori permet de croiser ces observations avec votre cycle. Vous découvrirez peut-être que vous êtes plus performante en ovulation, que la course à pied est désagréable les deux premiers jours mais bénéfique les jours suivants, que le yoga vous va bien tout le mois.
Hydratation et alimentation
Pendant les règles, l'hydratation est particulièrement importante. La perte de sang accentue le besoin en fer, qui peut accentuer la fatigue à l'effort. Une alimentation riche en fer (lentilles, viande rouge en quantité raisonnable, légumes verts foncés) accompagnée de vitamine C aide à maintenir l'énergie.
Manger un peu plus que d'habitude pendant la phase lutéale et les règles n'est pas un caprice. Le métabolisme est légèrement plus élevé, et le corps demande son carburant. Couper les apports à ce moment-là est contre-productif.
Faire confiance à ses sensations
Au bout du compte, la meilleure boussole reste vos sensations. Certaines femmes adorent courir pendant leurs règles, d'autres ont besoin de quelques jours de pause complète. Aucune des deux postures n'est plus vertueuse. L'enjeu est d'apprendre à se connaître, à différencier la fatigue qui mérite repos de la résistance qui se dépasse, et à construire une pratique qui vous accompagne dans la durée.